Vecteur ID : Bonjour Edgar Grospiron. Nous traitons aujourd’hui, dans notre newsletter, du plaisir au travail. Le titre de votre livre, Quand on rêve le monde… est prometteur !
Edgar Grospiron : Bonjour, en effet, mon livre témoigne de mon expérience en tant que sportif de haut niveau et montre les mécanismes, attitudes et comportements qui m’ont permis de progresser. Le plaisir fait indéniablement partie des mécaniques de réussite. Tout commence par la vision : lorsque je donne du sens à ce que je fais, je me mets dans une dynamique de passion, de rêve, d’auto-motivation et donc de plaisir.
Vecteur ID : Quelles sont, selon vous, les autres mécaniques de réussite ?
Edgar Grospiron : Il y a le progrès, il faut savoir repousser ses limites et concentrer ses efforts. L’important est de se perfectionner à chaque instant, d’apprendre et de tirer des enseignements de ses succès, mais aussi et surtout de ses échecs. Il y a également l’intégrité. Il n’existe pas à mon sens de performance durable sans éthique. Pour réussir et pérenniser une spirale d’épanouissement, il est nécessaire d’aligner en permanence qui nous sommes en terme d’identité avec ce que nous visons en terme d’objectifs et ce que nous mettons en place en terme d’actions. Je suis convaincu qu’en restant aligné en permanence avec notre système de valeurs, nous développons plusieurs traits de caractère tels que la cohérence, le charisme et l’exemplarité. La cohérence d’un individu nous fait croire en lui, son charisme nous stimule, nous donne envie d’avancer à ses côtés. Son exemplarité nous rassure sur le chemin quotidien. |
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Vecteur ID : Vous parlez, en effet, beaucoup de motivation dans votre ouvrage, motivation de soi et motivation de son équipe. Quels conseils donneriez-vous aux managers afin de les aider dans leur rôle d’accompagnateurs de la performance ? Edgar Grospiron : Pour moi, le plaisir est indissociable de la notion de management : plaisir du manager qui gère et organise des compétences, et plaisir d’une équipe qui se sent responsable de la performance d’une entreprise. Le stress tue le plaisir, mais a contrario il permet de motiver et d’avancer. L’important pour un manager est de connaître le point de rupture de chacun de ses collaborateurs au-delà duquel le stress devient négatif et source de problèmes. Je compare souvent un bon manager à un pic de sérénité dans un océan de stress. Il doit importer du stress et exporter de l’énergie. Pour être un bon manager, il faut avant tout bien se connaître !
Vecteur ID : Un dernier conseil ?
Edgar Grospiron : Oui ! Puisque nous parlons du plaisir, il ne faut pas oublier l’outil essentiel du management : la convivialité ! Il est primordial de savoir fêter des victoires, ses progrès et ses efforts de manière collective. Il ne faut jamais oublier que l’on ne gagne jamais tout seul. J’ai moi-même pratiqué un sport individuel, mais jamais je ne me permettrais de dire que je ne dois mes victoires qu’à moi-même ! La performance qu’un athlète fournit entre un portillon de départ et la ligne d’arrivée n’est que la somme des performances que chaque collaborateur a investie dans la préparation du défi. Fêter ses victoire collectivement possède plusieurs vertus : donner soif de nouvelles victoires, effacer les traces laissées par l’effort, féliciter les meilleurs et réhabiliter les moins bons dans un esprit positif. La fête est donc un véritable acte managérial ! |